« 30 ans d'innovations, et toujours précurseur »
Par Sébastien Treyer, Stéphanie Bouziges-Eschmann, et Shanti Bobin
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Document :Rapport d'activité
2024-2025
Sous-titre :Rapport d'Activité
2024-2025
Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) finance des projets innovants en faveur de
l’environnement dans les pays en développement.
Il soutient des initiatives à même de générer localement des bénéfices environnementaux, sociaux et
économiques.
Créé en 1994 après le Sommet de la Terre de Rio, il a déjà permis de soutenir près de 414 projets dans plus de 120 pays, dont les deux tiers en Afrique.
Le FFEM tire des enseignements de ces projets pilotes pour que les solutions les plus efficaces puissent être déployées dans d’autres lieux ou à plus grande échelle.
Il travaille en partenariat avec des acteurs des pays du Sud comme du Nord, publics ou privés : ONG, collectivités et communautés locales, établissements publics, entreprises, et avec d’autres bailleurs et organisations internationales. Les projets qu’il finance sont également soutenus par les ministères membres de son Comité de pilotage ou par l’Agence Française de Développement.
Par Sébastien Treyer, Stéphanie Bouziges-Eschmann, et Shanti Bobin
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Nombre d'évaluations
réalisées en 2023-2024
26
Explications avec Maëlis Borghese, Responsable des évaluations et des capitalisations et supervision du portefeuille
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414
Projets soutenus dans 130 pays d'intervention
300
Porteurs de projet
528 M€
Engagés sur 6Md€ de budget total de projets
124
Projets en cours d’exécution au 31/12/2024
21
Projets financés
37,7 M€
Engagés
Répartition par thématiques prioritaires sur la période 2023-2024
Adaptation et transition bas carbone des villes et des territoires
20 %
Conservation et valorisation de la biodiversité
24 %
Résilience des écosystèmes aquatiques
14 %
Gestion durable des territoires agricoles et forestiers
37 %
Solutions circulaires et lutte contre les pollutions
5 %
Depuis 1994, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) agit en faveur de la protection du vivant.
Sa mission
Relever les grands défis environnementaux en développant des solutions novatrices, en s’appuyant sur les accords internationaux et en soutenant des projets pilotes à fort impact. Grâce à son approche unique, le FFEM promeut une transformation durable des pratiques environnementales à l’échelle mondiale. Découvrez les grandes étapes de notre action.
En savoir plusLe Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) impulse et soutient des solutions innovantes pour accompagner la France et les pays en développement dans la mise en œuvre des conventions environnementales internationales.
La période 2024-2025 constitue un momentum pour la diplomatie environnementale
mondiale
auquel le FFEM a apporté sa contribution : adoption du Traité sur la haute mer, négociations
sur le futur Traité plastique, règlement européen contre la déforestation importée…
Retrouvez ci-dessous toutes les avancées et projets qui répondent à l’actualité
internationale et sont portés par un large réseau de partenaires internationaux et locaux.
Biodiversité : contribuer à l’objectif 30x30 avec les communautés locales
Le FFEM soutient les engagements de la France pour la biodiversité dont l’objectif de protection de 30 % des terres et de 30 % des océans (appelé « 30x30 »).
Depuis 30 ans, il finance des projets pilotes et promeut des modèles de
gestion des aires protégées associant les communautés locales afin de
renforcer l’efficacité des politiques de conservation.
263
projets financés pour un montant de 332,1 M€ en faveur de la biodiversité (de 1994 à 2024, en comptant les projets avec cobénéfices)
Philippines
Autour de l’île de Palawan (Philippines), les récifs coralliens ont été gravement dégradés par le réchauffement climatique, la pêche illégale et la disparition des mangroves. Depuis 2017, la Sulubaaï Foundation, soutenue par le FFEM, restaure ces écosystèmes et développe des aires marines protégées communautaires. Le projet « Sea Academy » vise aujourd’hui à élargir ce modèle et à le rendre réplicable à l’échelle nationale.
Balkans
Au cœur des Balkans, la biodiversité souffre malgré les zones protégées. Elle est menacée par l’urbanisation et la sécheresse des lacs. Avec le soutien du FFEM, la fondation PONT agit pour cartographier les corridors écologiques et pour renforcer la coopération transfrontalière.
Sahel
Menacées par le changement climatique, la désertification, l’urbanisation, les plantes invasives et la pression de la chasse, les populations d’oiseaux d’eau du Sahel sont en déclin. Le projet RESSOURCE+, structuré en deux phases, vise à établir des plans de gestion durable des zones humides, en collaboration avec les communautés locales de Mauritanie, du Tchad et du Sénégal.
« Protéger la biodiversité, c’est aussi une question de sécurité alimentaire et d’économie locale. »
Le MAR Fund est un fonds partagé par les pays du récif méso-américain (MAR),
chargé de financer et de coordonner les actions de conservation au sein de
cet écosystème remarquable.
Maria José Gonzales, présidente de ce fonds, nous explique son action.
Océan : œuvrer pour une gouvernance durable
La haute mer, qui couvre près de la moitié de la planète, reste peu connue et protégée.
Pour accompagner le Traité sur la haute mer (BBNJ), le FFEM soutient
la recherche scientifique et promeut une gouvernance partagée, afin
de préserver durablement ces écosystèmes essentiels à l’humanité et
au climat.
57
projets financés pour un montant de 66,6 M€ sur les eaux internationales
105
projets financés pour un montant de 122,1 M€ dédiés aux écosystèmes aquatiques (de 1994 à 2024)
Afrique de l’Ouest
Le plancton, essentiel à la production d’oxygène et à la chaîne
alimentaire marine, est menacé par le réchauffement climatique
et la surpêche. La Fondation Tara Océan, avec le soutien du
FFEM, développe Plankt’Eco, un outil de cartographie du plancton
à l’échelle mondiale sans expédition en mer.
L'enjeu :
prédire
l’évolution des stocks de poissons et renforcer les capacités
des pays du Sud à participer à la recherche océanique.
Océan Indien - Haute mer
De 2013 à 2016, l’UICN, avec le soutien du FFEM, a mené le premier projet de conservation des écosystèmes de haute mer dans le sud-ouest de l’océan Indien. L’expédition a révélé une biodiversité encore méconnue conduisant plusieurs États à interdire la pêche au chalut de fond sur 5 monts sous-marins, marquant ainsi un progrès majeur pour la protection des grands fonds et la coopération régionale.
Mer des Sargasses
La mer des Sargasses et le Dôme thermal, deux écosystèmes marins uniques, nécessitent une protection face à la pollution et à la surpêche. Le projet SARGADOM, soutenu par le FFEM et ses partenaires, conduit des diagnostics approfondis pour évaluer leurs services écologiques, recenser les menaces et proposer un modèle de gouvernance durable, en impliquant les États, les acteurs économiques et les organisations internationales.
« Des outils de conservation et un partage plus équitable des bénéfices de la recherche en haute mer »
André Abreu revient sur les enjeux de la coopération entre le FFEM et la Fondation Tara Océan, alors que s’ouvrait en juin la 3e Conférence des Nations-Unies pour l’Océan (UNOC), à Nice.
Lire l'interviewPlastiques et polluants : réduire à la source
Limiter la pollution plastique dès sa production est un défi mondial crucial pour préserver nos écosystèmes. En s'inscrivant dans les négociations du futur Traité contre la pollution plastique, le FFEM soutient des projets innovants qui réduisent son usage à la source tout en développant des filières de recyclage adaptées aux réalités locales.
29
projets pour un montant de 36,8 M€ contre les pollutions (de 1994 à 2024, en comptant les projets avec cobénéfices).
Méditerranée
La Méditerranée est la mer la plus polluée par les plastiques, mettant en péril biodiversité et économies côtières. Pour y faire face, l’association Beyond Plastic Med (BeMed) soutient depuis plusieurs années des initiatives locales. Avec l’appui du FFEM et de ses partenaires, le projet BeMed+ a vu le jour en 2024. Il vise à renforcer les acteurs locaux, favoriser le partage d’expériences et essaimer des solutions durables dans tout le bassin méditerranéen.
Afrique de l'Ouest
Au Cap-Vert, au Sénégal et dans plusieurs pays francophones d’Afrique de l’Ouest, les déchets plastiques représentent une menace croissante pour la santé et l’environnement. Avec le soutien du FFEM et de partenaires tels que les Secrétariats des Conventions de Bâle, Rotterdam et Stockholm, un projet innovant lancé fin 2023 vise à renforcer la gestion transfrontalière des déchets plastiques, à améliorer leur traitement durable et à réduire leur production.
Costa Rica
Le Costa Rica, premier importateur de plastiques en Amérique
centrale, fait face à une forte pollution. Depuis 2021, les
plastiques à usage unique sont interdits dans les parcs nationaux
mais
malgré des plans municipaux, leur mise en œuvre reste difficile. Le
FFEM soutient un projet piloté par le PNUD pour réduire la pollution
plastique et structurer la gestion des déchets.
Il accompagne
l’élaboration de politiques publiques, la mise en place de la
responsabilité élargie des producteurs, le développement de filières
locales et d’alternatives au plastique, ainsi que des campagnes de
sensibilisation, contribuant à une transition vers une économie
circulaire et verte.
« À l’écoute des réalités du terrain, le FFEM dépasse la logique nord-sud. »
Les négociations en vue d’un traité international contre la pollution plastique reprennent cet été à Genève. Marine Collignon, sous-directrice adjointe de l’Environnement et du Climat au ministère en charge des Affaires étrangères, revient sur le rôle actif de la France dans ces échanges.
Lire l'interviewForêt : préserver, gérer et produire autrement
Dans le cadre de la lutte contre la déforestation et des engagements internationaux de la France, le FFEM s’engage aux côtés de ses partenaires pour développer des modèles durables de gestion des territoires et des filières (agricoles et forestiers), conciliant préservation des forêts, traçabilité, inclusion des communautés locales et développement socio-économique.
30 %
des financements du FFEM en faveur des forêts (au 31 décembre 2024)
127
projets pour un montant de 165,8 M€ contre la déforestation de 1994 à 2024 (au 31 décembre 2024)
Amazonie
Les forêts tropicales intactes, comme l’Amazonie, sont cruciales pour le climat et la biodiversité, mais restent peu valorisées par les financements carbone. Le FFEM, aux côtés de la France, de Conservation International et de quatre pays amazoniens, appuie les communautés locales pour préserver ces écosystèmes et développer des modèles de financement durables, alliant revenus directs et projets communautaires.
Afrique de l'ouest
Le programme ÉQUITÉ, lancé en 2016 avec le soutien du FFEM et de l’AFD, appuie les filières agricoles ouest-africaines, dont le cacao, en intégrant des enjeux environnementaux au commerce équitable. Il accompagne la transition agroécologique au plus près des producteurs. Sa 3ᵉ phase, en partenariat avec Commerce Équitable France, vise à diffuser ces pratiques, renforcer les coopératives et promouvoir un cacao équitable et sans déforestation.
République du Congo
Le projet RIFoP, mené par Nature+ autour du parc national d’Odzala-Kokoua (République du Congo) et de la réserve du Dja (Cameroun) réinvente la foresterie communautaire en ciblant les ménages agricoles. Il encourage la réhabilitation du couvert forestier via l’agroforesterie et le développement de filières certifiées biologiques (cacao, café), tout en explorant les moyens d’intégrer ce modèle dans les législations nationales.
« La Selva Maya, un modèle de gestion communautaire. »
En 1996, le Guatemala confiait à des populations autochtones la gestion de concessions dans ses aires forestières protégées. Marie Ange Ngo Bieng, écologue au Cirad, nous explique pourquoi ce cas est exemplaire.
Lire l'interviewClimat : relever le défi de la finance carbone
Face à l’augmentation des événements climatiques extrêmes, le FFEM soutient des projets bas carbone multi-bénéfices, rigoureux sur le plan scientifique et garantissant un impact réel tout en partageant les bénéfices avec les communautés locales. Il promeut ainsi une finance carbone intègre, conciliant réduction des émissions, protection de la nature et justice sociale.
276
projets pour un montant de 343,9 M€ en faveur du climat (de 1994 à 2024, en comptant les projets avec cobénéfices)
19
projets pour un montant de 25,6 M€ testant la finance carbone
Afrique
L’Association La Voûte Nubienne (AVN) promeut depuis plus de 20 ans la construction en terre crue, durable et bas carbone, offrant confort thermique, longue durée de vie et emploi local. Le projet ACACIAS, soutenu par le FFEM, vise à valoriser ces constructions sur le marché volontaire du carbone, permettant aux entreprises de compenser leurs émissions tout en finançant des habitats décents pour les populations rurales africaines.
Andes Colombiennes
Entre 2004 et 2018, le FFEM a soutenu le projet pilote REDD+ Huila dans les Andes colombiennes pour renforcer les capacités locales et accéder aux mécanismes internationaux de compensation carbone. Couvrant 25 370 hectares et créant un corridor biologique entre deux parcs nationaux, le projet inclut appui agricole, diversification des revenus et commercialisation locale. Il vise à obtenir des crédits carbone tout en certifiant ses impacts positifs sur la biodiversité et les communautés via le standard CCB.
Guinée-Bissau
La Guinée-Bissau, riche en mangroves, zones humides et biodiversité unique, protège 26 % de son territoire via le Système national d’aires protégées. Avec le soutien du FFEM, la Fondation BioGuinea finance durablement ces aires protégées, soutient les communautés locales et valorise le carbone bleu des mangroves, générant des revenus réinvestis dans la conservation.
« Un rôle d’innovation nécessaire pour nourrir les COP. »
Pour l’AFD, le FFEM constitue un levier important d’innovation.
Les projets expérimentaux et leurs résultats sont suivis avec une attention
particulière, comme le souligne Thomas Mélonio, directeur exécutif de
l’Innovation, de la Stratégie et de la Recherche.
Solutions fondées sur la nature : fournir des services écosystémiques aux populations
Face à l’élévation du niveau de la mer et à la dégradation des terres, le FFEM soutient des solutions fondées sur la nature pour renforcer la résilience des écosystèmes et des populations et lutter contre le changement climatique.
20
projets en cours pour un montant de 39,9 M€ pour les solutions fondées sur la nature (au 31 décembre 2024)
18 %
des projets soutenus par le FFEM utilisent des solutions fondées sur la nature (au 31 décembre 2024)
Égypte
Liban
En Égypte et au Liban, le stress hydrique et la surexploitation des nappes phréatiques fragilisent l’agriculture et les revenus des ménages ruraux. Porté par le CIHEAM Montpellier, le projet SupMed agit dans la plaine de la Beqaa au Liban et le gouvernorat de Louxor en Égypte. Il vise à préserver les ressources en eau et à renforcer la résilience des agriculteurs, grâce à des pratiques agroécologiques et des stratégies d’adaptation co-construites avec les acteurs locaux.
Iles du Pacifique
Les îles du Pacifique, dépendantes de leurs ressources naturelles, doivent s’adapter aux effets du changement climatique sur l’eau, la biodiversité et les pêcheries. Le projet PEBACC+, porté par le PROE et soutenu par le FFEM, poursuit l’approche fondée sur les écosystèmes initiée en 2015, en mettant en œuvre des solutions d’adaptation naturelles à plus grande échelle, tout en favorisant le partage d’expériences entre les îles.
Méditerranée
Sous la pression du climat, de l’urbanisation et du surtourisme, les écosystèmes méditerranéens sont fragilisés. Le projet RESCOM, mené par le Consortium Méditerranéen pour la Biodiversité (CMB), vise à préserver et restaurer les écosystèmes à travers 6 sites pilotes, en mobilisant experts, ONG et communautés locales, et en favorisant le partage de solutions innovantes via un Think and Do Tank.
« La zone de transition, entre les mangroves et le biotope continental, nous préoccupe davantage. »
L’association sénégalaise Nébéday est un exemple d’organisation de la société civile qui, après avoir été soutenue par le programme des Petites initiatives (PPI), le FFEM et l’UICN France, a réussi à gagner suffisamment en crédibilité pour obtenir une aide directe du FFEM.
Lire l'interviewPorté par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et le Comité français de l’UICN, le Programme de petites initiatives (PPI) soutient la société civile africaine dans ses projets en faveur de la biodiversité. Une démarche unique en son genre, expliquée par Nicolas Rossin, responsable projet Biodiversité au FFEM, et Paul Estève, coordinateur du PPI au comité français de l’UICN.
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